Ep 21 - Et Maintenant, On Fait Quoi?

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Quand j'étais petit j'ai fais du Judo. Je me souviens que j'étais nul, mais c'est parce que j'aimais pas me battre, j'aimais pas me confronter à quelqu'un.

J'avais envie qu'on soit tous copain et qu'on fasse tous du sport ensemble, mais j'avais pas envie de les mettre au sol.

Et pourtant, la première chose qu'on nous a enseigné, et ben c'est d'apprendre à tomber à terre !

Nous sommes tous manipulateurs, nous sommes tous manipulables, et nous sommes tous manipulés!

Je suis Julius, et dans ce podcast, je vous propose d'analyser les techniques de manipulation pour y résister.

Le but est de tenir bon face aux manipulateurs, mais aussi de ne pas succomber soi-même quand on est tenté de manipuler.

Bienvenu dans «La Résistance à la Manipulation»

Alors on connaît maintenant les 20 techniques pour identifier la manipulation !

Donc par catégories, ça donne:

- Les openers

- Les arguments

- La toxicité

- Le délire

- Le délire extrême

Donc ok!

On a la liste, on sait maintenant ou ça veut aller !

Mais on en fait quoi, concrètement?

On peut déjà commencer par identifier les techniques sur lesquels on a un réel pouvoir d'agir des techniques sur lesquels on ne peut rien faire.

Celles contre lesquelles il est inutile de se battre.

Parce que la meilleur manière de gagner un combat, ben c'est de l'éviter. Et pour ça, il faut savoir choisir ses combats.

Eviter de sauter à pieds joints dans la manipulation, c'est déjà un combat en soi, un combat contre soi-même.

Et pour ça, l'influence sociale est un des premiers terrain d'affrontement. Celui ou on confronte ses idées en discutant avec ses amis, ses connaissances, ou ses collègues.

C'est souvent là ou on se fait happer dans des embrouilles sans fin à partir de broutilles, juste parce qu'on n'a pas su gérer l'escalade des arguments foireux.

C'est donc la première zone sur laquelle on à un pouvoir, déjà en apprenant qu'il ne faut pas toujours rentrer dedans, et aussi éviter les pièges a embrouilles des autres.

On peut lister quelques pièges, par exemple la pression sociale.

On peut se faire influencer parce qu'on est minoritaire dans un groupe a avoir un avis particulier, et on fini par modifier son avis, par le minimiser, l'édulcorer, histoire qu'il choc le moins possible.

Ça c'est quand on ne veut pas décevoir le groupe dans lequel on est.

Silencieusement et insidieusement, les avis contraire au votre vous poussent à faire des concessions involontairement, qui peuvent se retourner contre vous plus tard.

On peut aussi, en plus, vous mettre la pression en vous balançant des évidences que vous ne devez pas rejeter, du genre :

« Mais tu ne peux pas dire le contraire ! » voila, c'est ce genre de formulation là.

Là, c'est plus litigieux parce que ça empêche toute subtilité.

La double négation du « tu ne peux pas dire le contraire », ça veut dire que t'es obligé d'être d'accord, et sans forcement de malice derrière, hein.

Peut-être juste par maladresse.

Pour s'en sortir au mieux, il faut toujours savoir appuyer son propos.

On peut parfois faire des compromis sur la forme, en choisissant les bons mots pour que ça passe, mais pas se compromettre sur le fond.

Et la nuance est très dure à percevoir.

Et là, ce n'est qu'un seul exemple, mais il faut toujours apporter de la nuance tout de suite pour ne pas se retrouver dans une caricature.

Les discussions banales, c'est vraiment l'occasion d'étayer votre pensée, et ça peut être le terrain d'entrainement qu'il vous faut pour mettre vos arguments à l'épreuve.

Alors, bien sûr, ça va de soi qu'il faut surtout savoir reconnaître ses torts quand on en à, et accepter de changer d'idée si vous vous rendez compte que vous vous êtes trompés.

Ce qui m'amène au sujet suivant, les insécurités.

Vous devez me connaître, maintenant, vous savez que je vais dire qu'on en a tous... Donc oui, on en à tous ! Mais j'ajouterais que ces insécurités, il faut absolument les connaître en nous et surtout les reconnaître aux yeux des autres !

Ce sont souvent des brèches exploitables par les manipulateurs, donc savoir à l'avance sur quel flanc on peut se faire surprendre, et ben ça surprend moins, forcement.

Vouloir avoir raison, ou refuser d'avoir tort en publique, ce qui est un peu la même chose, on en à déjà parlé beaucoup, et bien c'est une des insécurités possible, même a petite dose.

Et ces insécurités, quand elles sont mal connues et mal gérées, amènent inévitablement aux stratégies d'évitement.

C'est normal, parce que quand on nous titille sur une de nos insécurités, ça frustre, ça énerve, etc...

Donc pour éviter la frustration, on trouve des trucs qui nous soulage immédiatement de la négativité et qui permet de continuer à faire l'autruche sur les causes du malaise.

On tente d'avoir raison, on retourne les arguments, on cherche la faille dans le discours de l'autre, voir on peut même aller jusqu'a se moquer de sa grammaire ou de sa prononciation pour le faire passer pour un con, et pouvoir réfuter tout son discours en bloc sans même l'écouter.

Alors, c'est une technique sale, hein, mais qui à déjà fait ses preuves !

Et il se peut que vous ne soyez pas comme ça, habituellement.

Peut-être c'était LE sujet de discussion qui était un peu VOTRE chasse gardée à vous, celle que vous n'acceptez pas que l'on attaque.

En général, c'est dans ces moments là, quand on se sent pris en défaut, bousculé, mis en porte a faux, qu'on commence à utiliser des sophismes pour refuser d'aller au sol.

Et la catégorie des Arguments en est pleine de ce genre de sophismes !

Donc, on veut rester bonhomme, on veut rester debout ! Et c'est l'autre qu'on va vouloir foutre à terre !

Une autre insécurité, d'ailleurs, que le refus d'avoir tort en public, c'est celle dont je parlais un peu plus tôt, celle qui vous pousse a renier votre point de vu au profit de celui des autres.

Cette insécurité là, c'est la peur de se faire rejeter du groupe, la peur de décevoir la majorité.

Et comme chaque insécurité s'accompagne de son lot de stratégie d'évitement, un des évitement les plus connue avec cette insécurité-là, c'est la technique de la résignation, on se résigne à accepter le point de vu des autres.

Vous en avez peut-être déjà connu, des personnes qui changent d'avis pour être d'accord avec vous, mais on sent bien que c'est surtout pour ne pas décevoir. Pour bien se faire voir, en quelques sortes.

Quand on est soit-même comme ça, certains conseilles peuvent aider pour inciter à s'affirmer, mais quand on voit quelqu'un qui est comme ça, c'est toujours compliqué d'essayer de l'aider.

Parce qu'en poussant la personne à s'affirmer, elle va surement finir par vous dire « mais oui, t'as raison ! », et donc rester dans cette habitude de donner raison aux autres.

Et là, vous ne pouvez plus savoir si la personne vous dis ça par conviction ou par peur.

Il y a aussi les gens qui s'excusent tout le temps d'exister, ça aussi, c'est très courant.

Et enfin, on peut parler des personnes qui finissent par se taire, et écoutent les autres en ne contestant jamais.

Ces personnes là, ce sont les plus compliqués à comprendre, justement parce qu'elles ne donnent rien sur leur avis.

Pas de signes de réprobation, pas de signes d'accords.

C'est impossible de savoir si, en secret dans leurs tête, elles ne sont pas en train de vous tuer de milles façon parce que votre point de vu n'est pas le leur.

Donc, pour tout ces cas de figures, si on est d'accord avec l'idée que l'important, c'est la discussion et le partage, et que tout ça peut se faire dans le calme et l'écoute, on peut parfois inciter ces personnes à s'ouvrir.

Il suffit de leur poser des questions, et de ne pas attendre qu'elle s'immiscent elles-même dans les discussions.

Ça parait bête, et on a beau le savoir, mais souvent, on s'embarque dans un truc avec une autre personne, et on ne fait plus attention à eux.

Par contre, il faut accepter les règles, car les incitez à parler, c'est prendre le risque qu'elles vous donne tort.

N'allez pas les solliciter juste pour qu'elles vous donne raison.

Vous passeriez pour quelqu'un qui a besoin de validation sociale, qui cherche à ce qu'on le réconforte.

Et oui, parfois, quand on se sent acculé, on ressent le besoin de ne pas être seul au combat, et on cherche un allier pour pas tomber seul.

Et là aussi, il faut faire attention à ne pas rentrer dans des sophismes pour refuser d'avoir tort, et entrainer un copain dans la chute juste pour vouloir garder la face.

Vous avez compris, je pense, qu'avec ce théâtre des discussions que je viens de dépeindre, on peut se retrouver alternativement manipulateur, puis manipulé, et vice versa.

Les insécurités et les stratégies d'évitements sont aux coeur de nos échanges sociaux, mais elles sont aussi au coeur de nos égos, et donc de l'image que l'on veut renvoyer aux autres.

Il y a excessivement peu de personnes qui s'en foutent de déplaire à tout le monde.

On a tous une catégorie de personnes que l'on veut séduire, dont on veut attirer l'oeil et la sympathie.

Ça peut être votre famille dont vous cherchez l'approbation depuis des années, et parfois de façon agressive, ou vos supérieurs hiérarchiques au boulot, alors que vous vous fichez de l'approbation de ceux qui sont en dessous de vous, et ça peut aussi être la sympathie des amis d'amis, ou du frère de la meuf d'une pote à votre pote qui vous a tapé dans l'oeil à une soirée, etc...

On a tous nos critères de prestations, de monstration de nous-même.

Ce sont des critères parfois conscient, mais très souvent, non ! Et pourtant ils guident notre manière d'être en société, notre manière de répondre, notre manière d'agir, et de réagir.

Et ce sont toutes ces petites particularités individuelles qui sont perçues par les autres, souvent tout aussi inconsciemment, et qui leur permet de se faire une idée sur vous.

L'inconscient, est partout et tout le temps présent, il ne s'arrête jamais.

Mais l'inconscient est utile, il est même nécéssaire, puisqu'il est inévitable.

Vouloir le contrôler est une illusion. Par contre, on peut, dans certains cas, l'influencer.

L'inconscient est un partenaire plus qu'un ennemi, même si parfois, voir souvent, il joue contre nous.

On doit donc déjà accepter l'idée qu'il est tout le temps présent, qu'il peut reprendre le contrôle parfois sans nous demander notre avis, et qu'on le veuille ou non, c'est lui qui aura le dernier mot.

Si vous avez déjà eu l'impression d'avoir eu le dernier mot face à votre inconscient, c'est qu'il vous l'a laissé, ya pas d'autre explication.

Mais je pense que l'on peut discuter avec son inconscient. Enfin discuter c'est un bien grand mot histoire de faire une image mentale pour mieux comprendre ce que je dis, mais on peut apprendre à mieux le gérer.

C'est un peu comme une négociation. On peut décider de lui retirer la charge de certaines choses, temporairement.

En fait, c'est de l'éducation à soi-même pour décider de reprendre un peu de contrôle sur tel ou tel élément de votre vie.

Rendre un peu plus conscient certain pans de votre inconscient.

Ça peut être sur l'image que vous donnez, les personnes que vous écoutez et celles que vous méprisez, ça peut aussi concerner vos insécurités et vos stratégies d'évitements.

Personnellement, je vous incite à travailler sur ces 2 points là en particulier, Vos insécurités et vos stratégies d'évitement.

Pour comprendre ce qui vous fait vous réfugier dans certaines techniques de manipulation, soit en tant que manipulateur, mais aussi en tant que manipulés.

Qu'est ce qui vous fait toujours tomber dans le panneau, ou qui vous pousse toujours à vouloir le contrôle de la situation.

C'est un domaine ou il n'y a pas vraiment de guide miracle a suivre aveuglement, ça ne marche jamais vraiment comme ça!

Il faut se faire son propre chemin, sa propre tambouille, en testant des trucs, et puis en changeant quand ça ne fonctionne pas.

Il y a pleins de bouquins sur le développement personnel, ou de cours de coaching, ou de PODCAST pour vous mettre sur la voie de ce genre de choses.

J'ai tendance à dire que savoir qu'on est dirigé par son inconscient, c'est déjà être un peu plus conscient.

Mais faites attention aussi à certains discours qui peuvent vous vendre une nouvelle sécurité face à vos insécurités.

Parce que, pour certaines personnes, l'idée d'être face à face à leur inconscient omni-présent, ça peut les amener à se sentir démunies, à les foutre en angoisse.

Le besoin de contrôler ou de dominer cet inconscient trop envahissant, ça devient alors une autre insécurité.

Et l'insécurité face à soi-même, ça peut être une porte ouverte aux manipulateurs.

Donc troquer une insécurité contre une autre, et se retrouver dans les méandres de la manipulation alors qu'on voulais s'en débarrasser, ben ça aussi, c'est très commun à toutes les dérives sectaires qui jalonnent le développement perso.

Parce que oui, il y a des dérives sectaires dans le développement personnel. On en parlera peut-être un autre jour.

L'inconscient n'est pas votre ennemi, ça n'est pas non plus votre amis, c'est juste vous.

Vous n'êtes jamais seulement vous-même... Alors, non, je vais le dire autrement.

Vous êtes en permanence vous et votre inconscient.

Il n'est pas dissocié de vous, il fait entièrement parti de qui vous êtes quand vous êtes vous-même.

Les images pour vous parler de négociation avec lui, etc... ce n'est que pour vous en faire une idée.

Parce que même dans vos actions les plus conscientes, il y a toujours une plus grosse part d'influence de votre inconscient qui est imperceptible, et qui est inévitable.

La résistance à la manipulation, selon moi, elle commence là, à la lisière entre votre conscient et votre inconscient.

Il y a des combats extérieurs qui ne sont pas toujours nécessaires, mais votre combat intérieur lui, l'est !

Alors, là aussi, je vais le dire autrement, parce que c'est encore un abus de langage. Ce n'est pas vraiment un combat intérieur, mais c'est plutôt un tiraillement constant, qui ne cesse jamais.

Parfois, votre volonté gagnera, et parfois non, ça aussi il faut l'accepter.

Le vrai combat que vous avez à mener, il est contre votre égo.

Parce que la confiance en soi, elle est nécéssaire pour savoir faire confiance à son inconscient, et donc se faire confiance.

Mais elle se transforme en égo quand on arrête de se remettre en cause sur la subtilité de notre contrôle!

Une fois qu'on la prend pour acquise, cette notion de contrôle, et qu'on ne travail plus dessus, on vire sur des certitudes plutôt que des doutes sur nous-même, et les insécurités et les techniques d'évitement réapparaissent comme par magie.

La première leçon de la résistance à la manipulation, c'est d'apprendre à gérer son égo pour le transformer en confiance en soi... Ça fait beaucoup de premières leçons, mais heu bon... C'est un package, quoi.

Non mais parce que cette confiance, elle est importante. C'est elle qui vous mène à ne pas vous sentir blessé quand on vous remet en cause.

C'est elle qui vous pousse à vous remettre en cause vous-même, mais sans vous culpabiliser.

Donc à la question, on en fait quoi de cette liste ? Et ben on s'en sert de miroir !

Parce qu'il y a forcément une technique qui vous à parlé plus qu'une autre parmi tout ce qu'on à vu. Et y'en a peut-être même plusieurs.

Vous les avez utilisé, ou vous vous êtes fait avoir à chaque fois avec.

Et ben vous vous en servez comme point de départ pour regarder en vous, et répondre à vos propres questions.

Quel était le contexte ?

Qu'est-ce qui, dans ce contexte, a réveillé mon angoisse ?

Est-ce que c'est à cause de cette personne-là ?

Est-ce que ce sont plutôt les mots qu'elle à utilisé ?

Est-ce que c'est l'image qu'elle a de moi qui me fait réagir ?

Est-ce que c'est juste le sujet de la conversation ?

Est-ce que c'est vraiment le seul sujet de conversation qui me met dans cet état ?

Et est-ce que mon quotidien est criblé de sujets de conversation qui m'angoissent ?

Alors j'ai continué le judo, un peu, quelques mois, et puis j'ai arrêté parce que c'était pas pour moi.

J'aimais pas la confrontation quand j'étais petit. Et puis en grandissant, j'ai compris que c'était parfois nécessaire, parfois inévitable pour ne pas se faire marcher dessus, même par des gens maladroit.

Et c'est là que cette première leçon de Judo m'est revenue.

Au Judo, apprendre à tomber le mieux possible pour se relever le mieux possible, c'est ce que vous devez apprendre en premier.

Parce qu'on ne progresse pas si on ne comprend pas dés le début qu'on va se casser la gueule, que c'est normal, et que c'est même ce qui va nous aider à nous améliorer.

Pour changer à l'extérieur, il faut pas manger un yaourt au bifidus, il faut faire ce travail intérieur.

Vous risquez de vous retrouver au tapis, et plus d'une fois.

Vous allez tenter de dompter votre inconscient, de négocier avec lui, plus d'une fois.

Et vous allez échouer ! Là aussi, plus d'une fois !

Alors préparez-vous à savoir tomber.

Et du mieux possible, surtout !

Ne blessez pas votre estime de vous-même en tombant, pour que ce ne soit pas votre égo qui vous pousse à vous relever.

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Julius F. Kali
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