Ep 14 - Le Chaud/Froid

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Pour l'épisode d'aujourd'hui, j'ai un petit dilemme intérieur.

Cet épisode viens clôturer, avec dans l'ordre, le besoin de contrôle, la culpabilisation, la dévalorisation et la victimisation, la catégorie des techniques que j'avais appelé la toxicité.

Donc selon une partie de moi, le chaud/froid rentre parfaitement dans cette catégorie.

Mais par certains coté, je pourrais aussi la rangée dans la catégorie suivante dont je vous parlerais en fin d'épisode.

Alors, je me dis que tout ça est digne d'une querelle de boutiquier.

Et qu'au final, quelle que soit sa place, cette technique est néfaste et mérite qu'on en parle, alors allons-y, et je vous laisserai vous faire votre propre avis sur sa vrai place dans la liste.

Là encore, c'est une technique qui va moins facilement se voir au travail, parmi les amis ou avec la famille éloignée, et donc plus facilement faire son apparition dans l'intimité du quotidien, donc plus facilement au sain de la cellule familiale.

Le chaud/froid, c'est ce comportement qui amène le bourreau à alterner les compliments ou les actes positifs avec des reproches, des insultes, de la dévalorisation parfois violente, et pouvant en venir aux mains !

Mais présenté comme ça, bien-sûr qu'on se demande comment ne pas voir l'évidence de l'instabilité du manipulateur.

On se dit que c'est trop gros pour accepter de rester sous le joug d'une personne pareil.

Et bien sachez que si, ça existe ! Des personnes parfaitement saines d'esprit restent malgré de tels comportements.

On va prendre le temps de l'expliquer car c'est tout un processus pour qu'une personne saine d'esprit finisse par perdre la notion de son bien être pour se soumettre presque volontairement à son bourreau.

Ce comportement au sain de la cellule familiale serait assez long à expliquer puisqu'il peut amener à un rapport d'amour/haine qui est très très complexe.

Je vous invite à vous renseigner si ça vous intéresse car il existe beaucoup de livres qui traitent du sujet.

Je vais plutôt m'attarder sur la relation du couple qui est, de ces 2 situations, la plus simple à expliquer, même si elle reste compliquée.

C'est plus pour vous donner une idée général.

D'abord, le manipulateur utilise la fascination, ou « les effets de fascination » comme je les ai appelé, pour s'ancrer dans le cerveau de la victime. Je vous renvoi à l'épisode 3 qui en parlait.

Il se cultive une aura impressionnante et mystérieuse qui pousse à l'admiration, à la confiance et à l'attraction.

Les manipulateurs ont cette faculté à se rendre solaire en société, c'est la face qu'ils montrent le plus facilement. Ils gardent leur coté sombre pour tout ces moments ou ils ne sont pas en prestation.

Lors de ces occasions ou le manipulateur parade, il fascine et attire grâce à cette aura et cette assurance.

Cette étape lui permet de trouver une cible, à savoir la personne qui sera la plus réceptive à tout ce déballage d'effets.

Il ya ensuite l'étape de valorisation ou il va tout faire pour valoriser sa victime, notamment par toute l'attention qu'il va lui porter.

C'est ici que les épisodes 1 et 2 ont leur importance car c'est à base de flagorneries et de points communs qu'il va faire en sorte de cristalliser la rencontre avec sa victime, comme si c'était un moment spécial.

La victime va se dire dans un premier temps : « cette personne est tellement fascinante, elle ne devrait pas s'intéresser à moi, on ne joue pas dans la même catégorie » etc...

Le manipulateur n'a donc qu'a faire le moindre compliment pour alimenter ce sentiment de valorisation chez sa victime.

Et c'est ce qu'il fait. Il va passer du temps à être bienveillant avec sa victime, mais comme dans toute relation, en fait.

Jusqu'ici, rien ne peu permettre de douter des intentions du manipulateur.

Ce genre de début de relation peut ressembler a n'importe quelle autre !

Il va tout faire pour poser les bases d'une relation idyllique ou la victime se sent idéalement bien.

Tellement bien qu'il y a un début de dépendance qui s'installe a mesure que disparaît petit à petit tout idée de rationnel.

Le rationnel dans le bon sens du terme, en tout cas au début.

Car, une fois l'emprise présente par cette valorisation, et les signes de dépendance apparu, le travail de sape peut commencer.

Et ça peut commencer par de l'absence.

Le manipulateur, d'un coup, peut mettre de la distance et se rendre inaccessible pour déstabiliser sa victime.

L'irrationalité passe alors du positif au négatif, et la victime va chercher à comprendre, et donc à rationaliser mais toujours en vain, ce comportement qu'elle subit.

La manipulateur reviendra forcément pour rassurer la victime, mais seulement une fois que le désarroi sera arrivé au niveau qu'il désir.

A partir de là, des petites pics maquillées en plaisanterie incomprises ou des reproches gratuits et méchants, il à toutes sortes de manières de dévaluer la personne.

Après avoir été réconfortée par le retour de l'être aimé, la victime commence doucement à être en manque d'amour.

Elle aura du mal à comprendre que cette période idyllique du début ne reviendra plus et aura toujours l'espoir que ça revienne. Et cette idée est bien sûr réaffirmée à longueur de temps par le manipulateur.

Il va lui rappeler les bons moments, un peu comme une carotte pour entretenir le fantasme passé, mais va dire que c'est à cause de la victime que ce n'est que du passé, que ce n'est plus présent, et que c'est à elle de faire des efforts pour que ça soit leur avenir !

La victime va forcement se remettre en question. Ça peut même être elle qui va proposer de changer.

Ça fait bugger la victime qui va avoir du mal à remettre en cause son bourreau et va se remettre en cause elle-même.

Cette technique est exactement comme celle des dealers qui proposent des doses gratuites pour appâter leurs clients et les rendre dépendants.

Alors cette métaphore est très bizarre avec cette relation comparé à une transaction de drogue, je vous l'accorde. Mais il y a une idée de dépendance, d'avoir besoin de sa dose, d'être drogué, d'être accro.

Quand on entend les victimes et les psy en parler, c'est un vocabulaire qui revient très très souvent !

Et en dehors du côté dangereux pour la santé, ou illégal, on parle ici de dépendance à l'amour. Les effets de l'amour dans le cerveau sont parfois comparable à certaines substances autre que le chocolat, bien sûr !

C'est l'amour qui devient une drogue.Et le manipulateur à tout fait pour fabriquer chez sa victime cette dépendance affective très forte.

Il ne faut pas blâmer les victimes pour ça parce que c'est justement fait pour que des gens tombent dans le piège.

On ne reproche pas à un gibier de venir mourir sous les balles du chasseur... Et oui, là aussi, c'est une métaphore foireuse ! Je vous l'accorde.

Pour le manipulateur, en tout cas, c'est le signe qu'il est devenu le personnage qui rassure.

Il va alors très facilement endosser ce rôle de juge qu'il affectionne, et va condamner et prendre un malin plaisir à piquer là ou ça fait réagir.

Et tant que ça marche, il va jouer et continuer la partie.

Il peut même lâcher un petit « heureusement que tu m'as, hein ! » ou encore « si tu ne m'avais pas, qu'est ce que tu ferais ? » histoire de se faire passer pour un sauveur altruiste.

Et c'est toute cette ambiguïté que le manipulateur va entretenir avec la technique du chaud/froid.

C'est d'ailleurs une technique qu'utilisent les pick-up artists, ces fameux dragueurs en série qui font flores sur internet.

Une des techniques qu'ils appellent « le neg » est là pour produire exactement cet effet !

Ils abordent leur cible, discutent avec elle en lâchant 3 ou 4 compliments, et puis lâchent quelque chose d'un peu dénigrant, le fameux « Neg ».

Un truc du genre «t'as un magnifique sourire ! Ça fait vraiment oublier tes oreilles décollées ! ».

Et puis ils trouvent une raison de s'éloigner poliment pour laisser la victime avec cette dernière impression frustrante afin de la pousser à ce qu'elle revienne elle-même vers eux plus tard.

En fait, cette technique a un fort pouvoir addictif par la frustration qu'elle suscite.

Il existe plein d'autre possibilités que les reproches.

On peut comparer, par exemple !

Une petite comparaison direct ou en faisant l'éloge d'une personne avec des comparaisons très ciblées, toujours à l'opposé des défauts de la victime, ça, ça marche bien.

Il y a aussi les punitions justifiées. Justifiées par quoi, on ne sait pas, c'est toujours changeant mais il faut faire confiance au juge, hein, bien sûr !

Donc la, les reproches et les brimades sont administrés sous couvert que « c'est pour que ça aille mieux entre nous ».

C'est comme de vouloir faire la guerre pour imposer la paix, hein ? Ce serait aaabsuuuurdeeee !!! Bien sûr!

Et tout ceci alterné de moment ou ce bourreau se montre gentil. Très souvent, voir exclusivement d'ailleurs, par intérêt !

Le consentement est biaisé par les fausses promesses du manipulateurs, bien sûr.

Et c'est faux d'affirmer que les promesses n'engagent que ceux qui les croient !

C'est vraiment une phrase de manipulateur, ça !

Ça pourrait même être une phrase de violeur, en fait!

Par contre, qu'est ce qui peut bien faire peur à cette personne qui affiche réussite sur réussite auprès de ses amis, qui est radieuse, lumineuse, très caustique, et que tout le monde adore ?

Ben oui ! Quelle peut être cette peur qui la pousse a cacher ses angoisses personnelles par de l'apparat et du rejet de sa responsabilité sur les autres ? Hein ?

Et bien oui, comme d'habitude, un petit cocktail de peur d'être pris en faute et de peur de perdre le contrôle de la situation.

Alors, on les connaît bien, maintenant, ces 2 là, c'est presque devenus mes chouchous, mes pouliches, mes gagneuses, hein !

Bon, j'ai dit presque !

Du coup, quoi dire de plus que l'on n'a pas déjà dit.

Et bien je voudrais parler de quelque chose que je dis au début de tout les épisodes, et ce depuis le premier.

C'est le caractère conscient ou inconscient de la manipulation.

Il est toujours très très difficile, voir impossible de faire la différence.

Même pour le manipulateur lui-même.

Je ne suis pas partisan de la croyance comme quoi les manipulateurs savent ce qu'ils font, qu'ils ont un plan depuis le début.

Pour moi, le manipulateur à des habitudes et un instinct, surtout.

Pour chaque technique qu'il maitrise, il y a eu dans son passé au minimum une situation ou il à gagné en faisant ce qu'il tente sur vous.

Il a donc intériorisé en lui cette victoire et la méthode utilisée.

Et plus il va la répéter, et plus elle s'ancrera dans ses habitudes, elle alimentera son instinct.

Il n'aura donc plus besoin d'y penser pour la réutiliser.

Et toute cette mécanique de manipulation est motivée par les 2 peurs dont on a parlé, la peur d'être pris en faute, cette peur d'avoir tort ou de paraître nul aux yeux des autres, et la peur de ne pas contrôler son environnement, la peur de dépendre de quelqu'un d'autre que l'on ne contrôle pas.

Donc une personne qui a ce genre de peur au fond d'elle, même si ces peurs sont peu présentes, risque de tenter de manipuler.

Je vous rappel que selon moi, nous sommes tous manipulateurs potentiels, puisque ces peurs sont forcement présentes plus ou moins en chaque être humain.

Donc la possibilité de distinguer si cette technique du chaud/froid est pratiquée de façon consciente ou inconsciente reste encore impossible, même à ce niveau là de la manipulation.

Il se peut que des personnes utilisent tout ou partie de cette technique sans se rendre compte que leur analyse est biaisé, que leurs peurs sont trop présentes et que ce sont elles qui ont le contrôle, finalement.

Ils peuvent toujours manipuler, mais en toute bonne fois !

Il n'est pas encore possible de savoir !

Par contre, il est possible de réagir, même si on ne peut toujours pas savoir.

Parce qu'il est courant de voir des victimes qui, a ce niveau de manipulation, ne sont plus certaines d'elle-même et vont vouloir se raccrocher à une certitude extérieur pour se rassurer qu'elles ne sont pas folles.

C'est aussi ce qui a engendré l'idée que le manipulateur est conscient de ce qu'il fait.

C'est, pour certaines victimes, un moyen de légitimer leur envie de partir.

Et c'est normale qu'une victime pense ça dans la situation dans laquelle elle est mais je ne veux surtout pas considérer que ce soit le seul focus pour se dire quand partir.

Le focus déterminant doit être la souffrance de la victime, et son niveau d'abandon d'elle même au profit du manipulateur.

C'est le calcul des bénéfices et des désavantages qui doit être le seul moteur pour quitter un manipulateur.

Je dirais même que le fait de devoir faire une liste de pour et de contre, c'est déjà qu'il faut partir, en fait.

Bien sûr, sauf, si la manipulation n'est pas si grave.

Et là, je sens que vous vous dites que c'est moi qui joue avec vous, qui vous souffle le chaud et le froid.

Alors non, je vous manipule pas, mais au fond, c'est vrai. On en revient toujours a l'idée de trouver en soi le seuil du supportable.

Je ne peux concevoir une séparation sans dialogue, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un énième dialogue inutile fait perdre de l'énergie et du temps à tout le monde et retarde la fuite pour que la victime aille mieux.

À quel point, en voulant aider un manipulateur qui ne sais pas gérer ses angoisses, on alimente la perversion d'un maitre manipulateur dans sa ronde de marionnettes !

Est-ce qu'en plébiscitant la fuite, on exclut quelqu'un qui peut être aidé, et est-ce qu'en restant pour tenter de l'aider, on s'enferme avec un monstre ?

La question traine depuis très longtemps...

Alors qu'en vrai, la réponse est simple, hein !

On met de la distance. La première chose à faire, c'est de partir. Après, on négocie. Voila!

Donc on va pas partir forcément définitivement mais si on accepte que ce ne soit pas définitif, alors on test le manipulateur. On teste sa volonté à changer.

Pour ça, il y a bien mieux que les techniques que je vous présente habituellement, il y a toute la littérature sur le sujet qui regorge de vrai solutions concrètes.

Donc, on a déjà parlé de la communication non violente, c'est une habituée du podcast, je vous ai parlé aussi du triangle dramatique, mais vous pouvez aussi trouver des bribes de solutions dans ce que j'ai lu, notamment dans l'Analyse Transactionnelle.

L'Analyse Transactionnelle, c'est un outil qui définit différents état d'humeur personnelle et qui explique comment reconnaître son état, celui de l'autre, et comment discuter pour tenter de s'accorder quand les états de chacun ne sont pas en osmose, ce qui est la source de tout les conflits, en fait !

Il faut toujours s'armer de patience, et de confiance en soi, et d'intransigeance pour tenter de réparer une relation dans cette état.

Mais en premier lieu, de la distance. Le but, c'est d'oxygéner le cerveau, de plus être soumis à autant de stresse au quotidien.

La catégorie de la toxicité se ferme donc avec cet épisode.

Mais alors pourquoi avoir parlé de mon hésitation en début d'épisode ?

Et bien parce que le nom de la prochaine catégorie est assez évocateur et pourrait vous faire comprendre entre quoi et quoi on se trouve quand on parle de chaud/froid, et surtout, vers quoi on se dirige, en fait.

Donc la prochaine, et presque dernière catégorie de techniques de manipulation sera la catégorie du délire !

Et pas le délire genre lol MDR, hein ?! Non! Non, ce sera pas celui-là, non !

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Julius F. Kali
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